Tech 101: C’est quoi le cloud ?

Avant toute chose, j’ai hésité avec « Tech for dummies », mais comme c’est péjoratif je me suis abstenu.

Au fur et à mesure des aléas de la vie, je me rends compte que je côtoie de moins en moins de gens « éveillés » technologiquement parlant. Je fais partie de cette génération qui a vu Internet s’installer et qui, en plus, faisait des études en informatique à cette époque-là.

À force de me dire que certaines choses sont triviales, j’ai tendance à zapper d’expliquer. Heureusement, l’âge aidant, je prends un peu le temps de vulgariser.

Comment fonctionne Internet?

Internet, ce n’est pas de la magie une fois que votre modem (ou box en France, notre pays étant le seul à avoir recours massivement à ces modems agrégateurs de contenus) est connecté à votre ligne téléphonique.

Internet est un réseau (net) international (inter). Ce n’est rien de plus que l’ensemble des ordinateurs, téléphones, tablettes, connectés au réseau qui forment le réseau. L’usage veut par ailleurs que l’on parle d’Internet pour tout ce qui est connexion, alors qu’en réalité Internet est fait d’une multitude de couches utilisant toutes des protocoles de communication différents. Celui que vous utilisez dans l’immense majorité des cas, c’est HTTP (HyperText Transfer Protocol) qui permet d’afficher des pages Internet.

Pour cela, il faut comprendre la notion de client/serveur. Le client, c’est l’outil de votre terminal qui vous permet d’envoyer des requêtes sur le réseau, via un protocole (une langue) dédié. Le serveur, c’est celui qui répond (normalement) à votre requête. Typiquement, dans le cas des pages web, HTTP est la langue, le client, votre navigateur internet (Firefox, Chrome, Safari, Edge, Opera…), et le serveur l’endroit (ou les endroits) où sont stockées les données auxquelles vous voulez avoir accès.

Exemple:

  1. Je tape l’adresse de mon site favori: https://blog.chezseima.fr dans la barre de mon navigateur.
  2. Le message que mon navigateur envoie sur le réseau:
  3. Hey vas-y balance cette page gros !

  4. Le serveur (dans un souci  de clarté, je vous épargne les étapes au milieu): Ha, il y a truc qui veut voir cette page, je lui envoie !
  5. La page s’affiche dans votre navigateur.

Oui bon et le cloud ?

 

J’y viens, j’y viens. Il faut avoir conscience qu’à la création d’Internet, les fichiers étaient plus « petits » que maintenant, les espaces de stockage et les possibilités et les vitesses de connexion plus limitées. L’hébergement dépassait rarement les 100 Mo. Les techniques pour échanger de plus gros fichiers sont vite apparues, mais elles demandaient une certaine connaissance de l’informatique.

Mon premier modem ADSL, dit le « spermato vert », 2002.

La technologie et l’usage évoluant, les fichiers sont devenus plus volumineux, les débits de transfert ont augmenté, et l’utilisateur peut s’il le souhaite être connecté H24. Est alors apparu ce que l’on appelle le cloud.

Cloud, ça signifie nuage en anglais. Voilà, c’est tout pour moi.

Erm. Ce fameux nuage, c’est en fait une sorte de métaphore pour parler d’un serveur distant (comprendre: qui n’est pas physiquement accessible pour l’utilisateur, généralement), ou d’un ensemble de serveurs, auquel l’utilisateur a accès de façon « simple » (typiquement, depuis une page HTTP). L’usage veut que l’on parle de Cloud tout court pour ce qui est question de stockage distant; pour tout ce qui est travail partagé (exemple: la suite Google Docs), on parle de cloud computing; et pour le jeu vidéo distant (accessible uniquement avec le très haut débit pour être jouable), de cloud gaming.

 

Le cloud en vrai (ici, des serveurs du CERN).

Quel intérêt d’avoir ses fichiers sur un serveur distant ? Et bien tout simplement de pouvoir y avoir accès où que l’on soit pourvu que l’on ait une connexion, ou bien pouvoir partager lesdits Oscar fichiers avec ses proches, sa famille, ses collègues.

Bien évidemment, dans un monde de bisounours, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais…

 

Les hébergements cloud gratuits

Si d’aventure il me reprend de faire un article de vulgarisation, vous risquez souvent de croiser cette phrase:

« Si c’est gratuit, c’est toi le produit. »

Cette phrase, qui s’applique très bien aux modèles économiques numériques, est tout aussi valable, par exemple, pour votre carte de fidélité chez votre grand distributeur usuel. Le but, sous cet attrait de gratuité, est d’amasser le plus de données personnelles possibles pour ensuite les revendre, entre autres, à des régies publicitaires, ou pour vous proposer un service toujours plus personnalisé.

« Aie cooonfiaaaaaance… »

Les géants du cloud gratuit n’échappent bien sûr pas à cette règle, que ce soit Dropbox ou les GAFAM pour ne citer que les plus connus. Dans les CGU que vous ne lisez pas plus que moi, vous verriez que ces sociétés se réservent le droit de regarder ce que vous hébergez chez eux, et même parfois de les utiliser à des visées commerciales (de moins en moins, parce que les lois sur le respect de la vie privée commencent à ressembler à quelque chose). À moins d’y partager des archives chiffrées en donnant la clé par un autre biais (ce que personne ne fait, avouons-le), le gentil nuage gratuit a donc accès en clair au contenu de ce que vous hébergez chez lui (notez que c’est aussi valable pour les adresses mail fournies par votre FAI, un GAFAM, ou -surtout- votre employeur…).

 

Comment puis-je mieux protéger mes données privées ?

 

Si les solutions clef en main et gratuites ont pignon sur rue, c’est bien évidemment grâce à leur facilité d’utilisation et leur pouvoir marketing.

Il existe cependant des solutions de cloud (presque) gratuites, alternatives, libres, aux mastodontes du marché.

  • le cloud sur un hébergement (si possible payant pour qu’il soit décent):

C’est personnellement la solution que j’ai choisi. J’ai souscris à un hébergement chez un prestataire, et y ai installé un CMS (Content Management System, système de gestion de contenus) spécialisé dans le cloud: Nextcloud (mais il en existe bien d’autres). Nextcloud est libre, bien mis à jour, open source (on peut vérifier que le code n’essaie pas de nous la faire à l’envers), et comme tout CMS digne de ce nom, encrypte vos données. Cela signifie que l’hébergeur ne sait pas précisément ce que je lui fais héberger. Pour faire une analogie avec le monde réel, c’est comme si je louais un box mais que mon bailleur ne pouvait pas avoir la liste exacte de ce que je stocke dans ledit box.

Bien sûr, les options habituelles que l’on trouve chez les stars du marché sont présentes: synchro des dossiers, modules complémentaires, applications windows/Mac/Linux/smartphone/cafetière connectée … Revers de la médaille: c’est payant dès le départ, et si le cloud est utilisé par plusieurs personnes, il faut une relative confiance en l’administrateur qui lui, est responsable et peut avoir accès à ce que vous hébergez.

  • le cloud auto-hébergé:

Pour faire très simple, il s’agit d’avoir un serveur dédié à l’hébergement de services distants chez soi. Cela représente des avantages non négligeables (augmentation du stockage selon vos moyens, pas d’hébergeur donc personne au-dessus de vous pour avoir un accès éventuel à vos données, vous déployez les services que vous voulez…) mais requiert des conditions particulières (de bonnes connaissances en informatique, une très bonne connexion internet), et compte deux risques majeurs: si vous perdez votre connexion chez vous, vous n’avez plus accès à vos données à distance; en cas d’incident domestique (cambriolage, incendie…) vous perdez vos fichiers en local sur votre ordinateur, mais aussi la sauvegarde distante (qui n’est pas si distante pour le coup).

J’espère que cet article vous aura plu, si vous voulez plus de détails, relever des erreurs, les commentaires sont là. N’hésitez pas à partager si l’article vous a plu (mais pas sur Facebook par pitié !).

1 réflexion sur “Tech 101: C’est quoi le cloud ?”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *